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Dr. Raymond Robillard

Dr. Raymond Robillard
Dr. Raymond Robillard - 2015


DR RAYMOND ROBILLARD

2015

 

 

DR SYLVAIN CHOUINARD À GAUCHE, MME RAYMOND ROBILLARD AU CENTRE ET DR YVES DUCHASTEL  À DROITE AU MOMENT DE LA REMISE DU PRIX.

Le Dr Robillard a sans nul doute été l’âme de la fondation de la FMSQ en 1965 et ce, dans le contexte de mouvements politiques en faveur de l’instauration d’un régime d’assurance-maladie. Deux ans auparavant, les médecins de famille avaient mis sur pied la FMOQ et le Dr Robillard, appuyé par certains de ses collègues de l’Hôpital Maisonneuve, tenait fermement à ce que les spécialistes se regroupent au sein d’une grande fédération. La tâche n’a pas été facile, car les spécialistes étaient déjà regroupés au sein d’associations professionnelles plus moins importantes selon les spécialités.

Soucieux de constituer un front uni pour défendre les intérêts des spécialistes, le Dr Raymond Robillard prend le flambeau et s’efforce de convaincre les présidents de ses associations de créer un grand regroupement comme celui des omnipraticiens. À la différence cependant qu’il souhaite le regroupement des spécialistes non par région, mais par spécialité. La formule fédérative avait, à ses yeux, un double avantage : respecter, d’une part, l’histoire particulière de plusieurs associations spécifiques et permettre, d’autre part, le regroupement des efforts pour défendre les intérêts généraux des spécialistes. Quant aux intérêts plus spécifiques, ils seront défendus au sein de la fédération par les associations, lesquelles, au demeurant, ont des besoins qui peuvent varier sensiblement de l’une à l’autre.

De plus en plus militant, le Dr Robillard s’efforce non seulement de convaincre ses collègues de l’urgence d’un tel regroupement, mais les incite à créer de nouvelles associations qui pourront éventuellement s’y joindre.

C’est ainsi qu’entre le 13 mars et le 11 juin 1965, huit des onze associations de spécialistes reconnues par la loi des syndicats professionnels votent des résolutions en assemblée générale où elles acceptent « la constitution d’une fédération des médecins spécialistes du Québec […] et s’engage[nt] à appuyer toute requête visant à la constitution d’une telle Fédération ». En mettant sur pied un syndicat professionnel susceptible de renforcer le pouvoir de négociation de ses membres, le Dr Robillard souhaitait explicitement contrer le pouvoir grandissant de l’État, créer un interlocuteur valable et puissant et ainsi éviter que le ministère de la Santé n’impose le statut de salarié à certaines catégories de spécialistes.

À l’initiative du Dr Robillard, se tient, le 28 juin 1965, la première assemblée  réunissant les représentants des associations de spécialistes afin de former le premier exécutif. C’est lui qui devient le premier président de la jeune fédération. Grâce aux efforts du Dr Robillard, la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec voit le jour et elle aura pour objet « l’étude, la défense et le développement des intérêts économiques, sociaux, moraux et scientifiques des associations qui y adhèrent ».

Le Dr Robillard, qui dirigera la FMSQ jusqu’en 1978, ne ménagera aucun effort pour accroître le rôle de celle-ci dans le domaine de la santé au Québec. Travailleur infatigable, il fait preuve d’une grande rigueur, d’une ténacité  et d’une constance remarquable tout au long de son mandat pour assurer la défense des intérêts professionnels et financiers de ses membres. Le choix courageux du déclenchement de la grève des spécialistes en 1970 en est un exemple.

C’est par ailleurs sous sa gouverne que la Fédération accroît son rôle au niveau de la formation continue, qu’elle diminue les écarts de rémunération entre les spécialités, qu’elle se dote d’une structure administrative et financière solide. Bref, non seulement le Dr Robillard a joué un rôle majeur dans la création de la FMSQ, mais il a aussi été le maître d’oeuvre de sa consolidation. En effet, grâce à la force de conviction du Dr Robillard, à la cohésion de ses actions, la Fédération a acquis rapidement une forte légitimité. Je cite, à titre d’exemple, sa comparution devant une commission parlementaire des Affaires sociales en 1971, où il présente le mémoire de la Fédération, comme le souligne un témoin de l’époque, avec « l’oeil clair et vif, le sourire amène et l’air guilleret qu’il adopte en ces circonstances ». Or ce mémoire, jugé « intéressant et positif », est bien accueilli par le ministre Castonguay.

En conclusion, on ne saurait trop insister sur l’héritage que le Dr Robillard a laissé, non seulement au niveau de la création et de la consolidation de la Fédération, mais aussi, plus largement, au niveau des  gains que la profession médicale a obtenu durant la décennie 1970.